Mile End Kicks directrice Chandler Levack parle de la scène musicale montréalaise, de Grimes et plus encore

Devon Bostick et Barbie Ferreira dans Mile End Kicks — photo de Joseph Fuda
Le plus récent long métrage semi-autobiographique de Chandler Levack, Mile End Kicks, suit Grace Pine (Barbie Ferreira), journaliste musicale torontoise, qui déménage à Montréal à l’été 2011, soi-disant pour écrire un livre de la série 33 ⅓ sur Jagged Little Pill de Alanis Morissette, mais qui se retrouve détournée de son objectif par son intérêt amoureux pour Chevy et Alfie (Stanley Simons et Devon Bostick), membres du groupe local en pleine ascension Bone Patrol. Le film regorge de musique d’artistes montréalais et d’ailleurs, avec TOPS qui interprète la musique de Bone Patrol à l’écran et la musicienne montréalaise reconnue Cecile Believe qui signe la trame sonore. Nous avons discuté avec Levack, ancienne membre du jury du Prix de musique Polaris, du rôle essentiel de la musique dans le développement et le tournage de Mile End Kicks, qui prend l’affiche le 17 avril.
Vous avez déjà fait partie du jury du Prix de musique Polaris. Est-ce que ça coïncidait avec cette période semi-autobiographique dont vous parlez à Montréal?
Chandler Levack : Je pense que j’étais sur le jury de 2009 environ jusqu’à peut-être 2012 ou 2013. Mes souvenirs sont un peu flous pour les dates, mais oui, j’ai définitivement voté. Je n’ai jamais fait partie du grand jury qui décide du prix. Ça aurait été cool.
Vous souvenez-vous de groupes montréalais que vous avez particulièrement défendus, en vous disant : « Celui-là, je vais me battre jusqu’au bout »?
J’étais chroniqueuse musicale pour le magazine Maisonneuve pendant trois ou quatre ans, donc c’était vraiment stimulant. Et je sentais que j’avais un rôle très personnel dans ce poste, notamment pour mettre en valeur les artistes québécois. J’ai écrit un article en 2012 pour Maisonneuve sur la naissance de Grimes et la « nouvelle » scène musicale montréalaise, et sur ce que son succès — et celui d’autres groupes d’Arbutus — signifiait pour la ville de Montréal.
J’ai eu énormément de chance de collaborer avec deux ou trois d’entre eux sur ce film, comme TOPS, qui a écrit les chansons originales, et Cecile Believe, qui a composé notre trame sonore — elle a notamment fait partie de Mozart’s Sister et Think About Life. Mais oui, je suis complètement obsédée par les groupes montréalais. POP Montreal, c’est ce que je préfère au monde.
Une chose qui nous intriguait vraiment, c’est que vous avez attribué des playlists aux personnages, et aussi les disques que vous avez offerts aux gens à la fin [du tournage?]
Je voulais qu’il y ait un vrai élément intertextuel dans les playlists que je partageais avec Barbie (Ferreira), Devon (Bostick), Stanley (Simons) et le groupe, pour les aider à entrer dans leurs personnages. Il y a beaucoup de Mozart’s Sister, TOPS, Grimes, Mac DeMarco, Arcade Fire.
Et une de mes histoires préférées concerne Catherine Kirouac, ma formidable première assistante réalisatrice — une héroïne méconnue du film et une collaboratrice exceptionnelle. Elle est une grande fan de Homeshake, que j’adore aussi. Je suis allée le voir en spectacle — je pense que c’était à POP Montreal — et je lui ai demandé de signer un vinyle que je lui ai ensuite offert. C’était vraiment spécial de pouvoir lui donner un disque signé de Homeshake, parce que je l’aime beaucoup moi aussi.


