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Peter Peter parle de la trame sonore de Heated Rivalry et de la façon dont son album Éther lui a ouvert la porte

· par Julia Caron

Il est rare qu’une trame sonore originale d’une série télé à succès suscite un tel engouement au point que des fans du monde entier réclament la sortie officielle d’un album — mais c’est exactement ce qui s’est produit avec l’univers sonore distinctif composé par Peter Peter pour la romance queer de hockey Heated Rivalry.

Moins de deux mois après la première de la série, la trame sonore tant attendue est maintenant disponible. L’artiste discret établi à Québec nous raconte comment il a été accueilli au sein de l’équipe créative, et comment son impressionnant catalogue — notamment son album Éther paru en 2024 — a servi de plan directeur pour créer une ambiance à la fois sexy et électrique.

Pour les gens qui suivent la scène musicale canadienne de près, votre nom n’est pas nouveau. Mais comment est-ce que vous vous présenteriez à ceux qui découvrent votre travail pour la toute première fois ?

Je sors des albums depuis maintenant 15 ans — c’est surtout ça que j’ai fait jusqu’ici. Composer pour l’écran, c’est relativement nouveau pour moi. Ça a commencé avec Heated Rivalry, mais ce projet-là a vraiment élargi mes horizons.

Parlons justement de ce virage récent. Tu as une carrière de 15 ans et cinq albums complets à ton actif. Trois d’entre eux — Une version améliorée de la tristesse (2013), Noir Éden (2017) et plus récemment Éther (2024) — ont figuré sur la Longue liste du Prix Polaris. Comment est survenue ton implication dans l’adaptation télé de Heated Rivalry?

C’est arrivé de façon totalement inattendue. Après la sortie de mon cinquième album, Éther, en avril 2024, Jacob Tierney m’a écrit sur Instagram environ un mois plus tard. Je ne le connaissais pas à ce moment-là. Il m’a dit :

« Je suis un grand fan, je travaille sur un scénario et j’écoute ton dernier album en boucle. Je trouve que ce serait une musique parfaite pour ce que je développe. Est-ce que ça t’intéresserait de faire de la musique pour la télé? »

J’ai répondu oui! Deux mois plus tard, il m’a rappelé pour me dire : « On a un diffuseur et le projet avance. » Il m’a présenté la série et j’ai embarqué.

On sent clairement un fil conducteur entre Éther et les pièces plus énergiques, très techno, qu’on entend dans la série. Quelle atmosphère voulais-tu créer pour ces personnages?

Au départ, en lisant le scénario, j’entendais quelque chose de très rapide, presque techno. On devait même utiliser quelques « needle drops » — des pièces sous licence — tirées de Éther. Mais plus on avançait, plus Jacob m’encourageait à suivre mon instinct. Il me disait :

« Si tu entends une guitare, écris une guitare. »

J’ai composé de la musique ambiante et de l’EDM, mais je ne savais pas trop à quoi m’attendre avant de voir les images. Une fois que j’ai reçu les scènes avec Shane (Hollander) et Ilya (Rozanov), j’ai réalisé qu’il fallait ralentir. La musique que j’avais précomposée pour les scènes intimes ne fonctionnait pas du tout. J’ai dû réécrire. Avec les images, c’était beaucoup plus facile de trouver les bons tons.

C’est fascinant de t’imaginer regarder ces scènes sans musique, surtout quand on sait à quel point la trame sonore est essentielle au rythme et à l’émotion. Tu disais que c’était « facile » — les sons te venaient-ils naturellement?

D’une certaine façon, oui. J’avais programmé plusieurs patches de synthés que je trouvais appropriés, puis j’essayais de connecter le son à l’image. On sent tout de suite si la musique dérange ou nuit à la scène. Il faut être à l’écoute et ne pas être trop envahissant. Tu ajustes jusqu’à ce que la musique et la scène ne fassent plus qu’un.

À quel moment as-tu réalisé que la série prenait vraiment son envol?

Ç’a été progressif. Le premier moment marquant, c’était clairement la première montréalaise à la fin novembre. C’était ouvert au public, et Rachel Reid, l’autrice canadienne des livres, avait déjà un énorme lectorat, beaucoup de fans très enthousiastes. La réaction dans la salle était complètement folle. Les gens étaient à fond dedans.

Après ça, c’est devenu un phénomène de culture pop. Voir des mèmes circuler, puis entendre la série être mentionnée à la télé américaine… personne n’aurait pu prévoir ça. Suivre la vague est devenu un travail à temps plein.

J’aimerais qu’on parle de deux chansons en particulier. D’abord « Rivalry ». C’est une pièce rythmée, très percutante, qui cumule déjà plus de deux millions d’écoutes sur Spotify.

« Rivalry », c’était vraiment une affaire de hockey. À l’origine, elle devait remplacer « Éther », parce qu’on a finalement décidé de ne pas utiliser mes anciennes chansons et de créer une trame entièrement originale. Il me fallait quelque chose de rapide, brutal, agressif. D’où le synthé acid techno. C’est la scène d’ouverture, quand ils sont repêchés — il fallait que ça frappe fort.

À l’autre extrême, il y a « It’s You », une pièce luxuriante et romantique. Un commentaire YouTube disait : « voilà à quoi ressemble le fait de tomber amoureux ». Il y a tellement de désir là-dedans. Comment est née cette chanson?

Cette chanson-là remplaçait une autre pièce que j’avais faite, « Lisbonne ». Jacob voulait une vraie chanson avec des paroles pour ce moment précis. Je voulais quelque chose de doux, pas trop intrusif, alors j’ai utilisé un arpège très éthéré.

Pour les voix, je me suis inspiré d’un procédé à la Imogen Heap sur « Hide and Seek » (2005), où la voix passe dans un synthé pour être jouée comme des accords — un genre d’effet vocoder. Ma conjointe, Cassandra, chante aussi sur la deuxième moitié. Tout s’est fait tellement vite que j’ai presque l’impression que la chanson m’a été donnée; c’est comme si la scène avait écrit la musique elle-même.

Les fans réclamaient férocement une sortie officielle de la trame sonore — et tu as réagi très rapidement. Comment ça s’est passé?

On a dû aller vite. Quand la série a été diffusée, le producteur Brandon Brady parlait d’une sortie de trame sonore plus tard dans la nouvelle année. Mais mon Instagram s’est rempli de messages de fans qui me suppliaient de sortir les chansons. Brandon m’a rappelé pour me dire : « Finalement, on devrait la sortir le plus tôt possible. »

Milan Records (un label de Sony) est entré dans le portrait. On a fait un appel conférence. J’ai passé le temps des Fêtes — entre Noël et le Jour de l’An — à transformer mes cues en chansons complètes et à les envoyer au mix. Quand l’album est finalement sorti, ç’a été un immense soulagement, vu la demande.

Tu as une carrière bien établie au Québec et en France, avec un public francophone fidèle… mais maintenant, toute une nouvelle génération découvre ton catalogue grâce à la série. Comment vis-tu ça?

C’est vraiment cool! J’essaie de ne pas trop passer de temps en ligne, mais je sens l’amour. Ça prouve qu’une carrière peut basculer à n’importe quel moment. Les chansons existent pour toujours et des gens découvrent des pièces que j’ai écrites il y a 15 ans. C’est un peu étrange — je n’avais pas prévu ça en 2026 — mais globalement, c’est très positif.

La série met aussi de l’avant d’autres artistes québécois comme Dumas, La Bronze et Philippe B. Te sens-tu un peu ambassadeur de la musique québécoise en ce moment?

C’était surtout le choix de Jacob. Il est montréalais et il met simplement la musique qu’il aime. Il a vécu cette scène-là, et je me souviens qu’il avait engagé Julien Mineau de Malajube (finalistes Polaris en 2006 et 2009) pour son film The Trotsky à l’époque. Il a toujours aimé la scène musicale montréalaise. J’étais très heureux que Montréal soit aussi bien représentée, surtout que l’équipe fictive de la série — les Montreal Metros — vient de là. Je ne me sens pas comme un ambassadeur, mais je suis fier que la musique francophone soit entendue par un public aussi large.

Dernière question, un peu racoleuse: as-tu un mème Heated Rivalry préféré?

Quelqu’un m’a envoyé une parodie d’une “Minutes du patrimoine.” Tu sais, les vieilles pubs du gouvernement canadien? C’était les deux personnages principaux présentés comme un moment de « patrimoine canadien ». C’est celui-là que j’ai trouvé le plus drôle — parce que c’est vrai. Cette série est devenue un moment emblématique de notre culture.

Peter, merci énormément. La trame sonore est disponible sur toutes les plateformes d’écoute. Il y aura aussi une sortie physique?

Oui! On travaille présentement sur une version vinyle, et possiblement un CD aussi. Il y aura plein de belles surprises autour de cette sortie. On est là-dessus en ce moment même!

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